Les Deux Magots : comment un café littéraire est devenu une marque mondiale
En fin de matinée, la terrasse des Deux Magots se remplit doucement. Les chaises tournées vers la place, les petites tables serrées, les plateaux qui traversent la foule d’un pas sûr : tout semble familier, presque cliché. On a parfois l’impression de connaître ce café sans y avoir jamais posé le pied, tant son image a fait le tour du monde.
Derrière cette apparence de carte postale, les lieux gardent pourtant la mémoire d’une histoire en plusieurs actes. D’abord boutique de nouveautés « Aux Deux Magots » née en 1812 rue de Buci, l’enseigne déménage place Saint‑Germain‑des‑Prés, se transforme en café‑liquoriste, puis en café littéraire fréquenté par Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Sartre, Simone de Beauvoir, Hemingway ou encore Picasso. Au fil des guerres et des courants artistiques, le café traverse les décennies avec un décor presque immuable : des tables, des chaises, un comptoir, et cette façon très parisienne de regarder la ville depuis la terrasse.
Aujourd’hui, la maison ne se résume plus à ce seul café de la Rive Gauche. Sous l’impulsion de Catherine Mathivat, héritière de la famille propriétaire, Les Deux Magots est devenu une marque de café littéraire qui s’exporte à Tokyo, Riyad ou São Paulo, tout en revenant à ses origines avec l’ouverture de Comptoirs Les Deux Magots, une adresse sur le pouce au 2 rue de Buci. À quelques mètres de la boutique de 1812, on y commande un Croque‑Monsieur Tradition ou un Mini Carré à emporter, dans un décor qui reprend le vert, le bois et les livres de la maison mère.
Pour Café des Jalles, Les Deux Magots et Comptoirs Les Deux Magots forment ainsi un même récit : celui d’un café né dans une petite rue commerçante, devenu scène littéraire mondiale, puis décliné en comptoir intime sans rompre le fil qui le relie à Saint‑Germain‑des‑Prés et à la vie ordinaire des cafés parisiens.
De la rue de Buci à la place Saint‑Germain
Au début du XIXe siècle, Les Deux Magots ne sont pas encore un café, mais un magasin de nouveautés. En 1812, l’enseigne « Aux Deux Magots » s’installe au 23 rue de Buci, dans ce dédale de rues commerçantes qui relie le boulevard Saint‑Germain à la Seine. Le nom vient d’une pièce à succès, Les Deux Magots de la Chine, et désigne ces figurines chinoises un peu théâtrales qui deviendront l’un des symboles de la maison.
Pendant des décennies, la boutique vend tissus, soieries, objets à la mode et attire une clientèle bourgeoise du quartier. Le décor n’a rien de celui d’un café, mais l’idée d’un lieu où l’on flâne devant les vitrines et où l’on vient « voir et être vu » est déjà là. La rue de Buci bruisse de voix, d’accents, de marchandages ; les Deux Magots s’y font un nom, au point que l’enseigne va suivre la maison lorsqu’elle cherche à prendre un peu plus d’ampleur.
En 1873, la boutique quitte la rue de Buci pour s’installer sur la place Saint‑Germain‑des‑Prés, au pied de l’église. Changement de décor : la silhouette de l’abbatiale, le croisement des grands boulevards, l’ouverture de la place sur le quartier font de l’emplacement un véritable théâtre urbain. L’enseigne « Les Deux Magots » s’accroche à la façade, comme pour signifier que le cœur de la maison a déménagé avec elle. On est encore loin du café littéraire, mais le décor du futur est déjà planté.
En 1884, la transformation s’accomplit : la boutique de nouveautés laisse place à un café‑liquoriste. Les deux figurines chinoises migrent à l’intérieur et surveillent désormais la salle depuis un pilier, tandis que les premières tables s’alignent face à la place. Ce qui n’était qu’une enseigne de magasin devient un café où l’on vient lire le journal, parler politique, commenter la vie parisienne. La scène de Saint‑Germain‑des‑Prés, elle, ne fait que commencer.
L’origine du nom « Les Deux Magots »
- En 1812, « Aux Deux Magots » est d’abord un magasin de nouveautés au 23, rue de Buci.
- Le nom vient d’une pièce à succès, Les Deux Magots de la Chine, qui met en scène deux figurines chinoises.
- Ces « magots » deviennent l’emblème de la maison, puis les statues qui surveillent aujourd’hui la salle du café.
Accrochées à un pilier au cœur de la salle, ces deux figurines chinoises rappellent l’origine du café. Longtemps simples personnages de théâtre sur une enseigne de magasin, elles sont devenues, avec le temps, les gardiennes discrètes des conversations de Saint‑Germain‑des‑Prés.
Quand les écrivains s’asseyent aux Deux Magots
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, la salle des Deux Magots se remplit de voix qui, plus tard, rempliront les anthologies. Paul Verlaine y trouve un refuge de comptoir, Arthur Rimbaud y passe, Stéphane Mallarmé aussi : les poètes symbolistes font partie des premiers à adopter le café comme lieu de travail, de rencontres et de disputes feutrées. Les tables se couvrent de carnets, de journaux, de verres d’absinthe.
En 1914, l’établissement est repris par Auguste Boulay, qui lui donne un nouveau souffle. La salle est éclaircie, les boiseries rafraîchies, et l’ambition d’en faire un véritable café littéraire s’affirme. Très vite, une autre génération s’installe : Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, André Gide, Jean Giraudoux, Jacques Prévert, Pablo Picasso, Fernand Léger, André Breton et les surréalistes choisissent Les Deux Magots comme point de chute sur la Rive Gauche. On y parle poésie, politique, peinture, on y rêve de révolution esthétique.
« Aux Deux Magots, les cafés se vident moins vite que les cendriers. On y vient pour la phrase qu’on cherche autant que pour celle qu’on vient de publier. »
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Les Deux Magots viennent tout juste de changer de mains. Auguste Boulay a repris l’établissement en 1914, avec l’intuition qu’un café bien tenu, lumineux, ouvert sur la place Saint‑Germain‑des‑Prés peut devenir bien plus qu’un simple débit de boissons. Malgré la mobilisation et les années difficiles, le café reste ouvert et reprend rapidement son rôle de point de repère dans le quartier.
Après la Seconde Guerre mondiale, le quartier de Saint‑Germain‑des‑Prés devient synonyme d’effervescence existentialiste. Simone de Beauvoir, Jean‑Paul Sartre, Albert Camus prennent leurs habitudes entre Les Deux Magots et le Café de Flore ; les allers‑retours entre les deux terrasses nourrissent la légende d’un triangle formé avec la Closerie des Lilas où se fabriquent idées, revues et engagements. Les écrivains étrangers de passage – Ernest Hemingway, James Joyce, James Baldwin, Richard Wright – viennent eux aussi s’asseoir à ces tables, comme on coche une étape obligée d’un voyage littéraire.
À lire aussi sur Café des Jalles
Dans cette salle qui donne sur la place, chaque génération a laissé son empreinte. Des photos anciennes montrent des rangées de chaises serrées, des serveurs en veston sombre, des écrivains absorbés dans leurs papiers, tandis qu’aujourd’hui les carnets côtoient les ordinateurs portables. Le geste, lui, reste le même : choisir une table, poser son livre ou ses feuillets, et laisser filer le temps au rythme des conversations de Saint‑Germain‑des‑Prés.
Les prix, le jazz et la vie culturelle aujourd’hui
En 1933, quelques habitués installés autour des tables des Deux Magots décident de créer un prix littéraire « maison ». Ils le veulent plus libre, moins académique que le Goncourt : ce sera le Prix des Deux Magots. Le premier lauréat, Raymond Queneau pour Le Chiendent, donne le ton. Viendront ensuite des auteurs aussi différents que Pauline Réage avec Histoire d’O, François Weyergans, Serge Joncour, Pierre Adrian, Jean‑Pierre Montal ou Joseph Incardona. Chaque automne, le café se transforme en petite salle de jury, avec journalistes, éditeurs et écrivains serrés entre les nappes blanches et les statues chinoises.
Au fil du temps, d’autres récompenses se sont ajoutées à cette vie littéraire. Le Prix Apollinaire, souvent présenté comme un « Goncourt de la poésie », choisit les Deux Magots pour couronner un recueil chaque année. Le Prix Pelléas distingue, lui, des livres qui parlent de musique avec un soin particulier pour la langue. Ces remises rythment l’année et font revenir régulièrement au café poètes, romanciers, essayistes, critiques.
À côté des livres, la musique a trouvé sa place. Les « Jeudis du Jazz » font vibrer la salle avec des trios qui jouent à quelques mètres seulement des tables, tandis que le Festival Jazz à Saint‑Germain‑des‑Prés installe chaque printemps une programmation qui déborde parfois jusque sur la terrasse. Un soir, c’est un standard américain qui accompagne un chocolat chaud ; un autre, une chanteuse française reprend les classiques du quartier sous les portraits accrochés aux murs.
Aujourd’hui, Les Deux Magots restent ainsi un café où l’on vient pour un petit‑déjeuner, un déjeuner, un chocolat chaud, mais aussi pour cette atmosphère particulière faite de prix littéraires, de soirées jazz, de rencontres improvisées. Entre les couverts, les partitions et les manuscrits, le lieu continue de jouer son rôle : offrir une table à ceux qui ont quelque chose à raconter, qu’ils soient écrivains célèbres ou simples passants de Saint‑Germain‑des‑Prés.
Terrasse, salle et rituels : comment se vit le café aujourd’hui ?
En entrant aux Deux Magots, on a d’abord l’impression d’entrer dans une photographie en mouvement. Dehors, la terrasse fait face à l’église Saint‑Germain‑des‑Prés, avec ses rangées de chaises tournées vers la place, ses tables rapprochées, ses nappes blanches qui accrochent la lumière. Dedans, la salle garde ses boiseries, ses banquettes, ses miroirs, et ce regard un peu amusé des deux statues chinoises qui surplombent la pièce.
Le matin, le rythme est plus doux. Les serveurs installent la terrasse, les journaux du jour s’ouvrent sur les tables, quelques habitués commandent un café crème ou un chocolat chaud à l’ancienne. Plus tard, arrivent les petits‑déjeuners plus copieux et l’on voit apparaître le « petit‑déjeuner Hemingway », les œufs, les viennoiseries, les tartines. À midi, la salle se remplit de conversations en plusieurs langues, de déjeuners d’affaires et de rendez‑vous d’amis de passage à Paris.
L’après‑midi, les desserts, les glaces et les chocolats chauds prennent le relais. Les assiettes s’enchaînent, mais le rituel reste presque immuable : une main qui pose la soucoupe, une autre qui dépose la tasse, un regard pour vérifier que tout va bien. Il y a quelque chose de très rassurant dans cette chorégraphie, comme si le café avait choisi de préserver ses gestes, même lorsque la clientèle se renouvelle.
Le décor joue aussi sa partition. Les chaises de terrasse en bois courbé, les tables rondes serrées, les grandes baies vitrées sur la place composent une scène que beaucoup de photographes et de cinéastes ont déjà saisie. Pour qui aime les détails de café, ces chaises alignées forment presque une signature. Sur Café des Jalles, on a pris le temps de remonter leur histoire, du bois cintré de Thonet aux terrasses parisiennes d’aujourd’hui : la chaise bistrot raconte aussi quelque chose des Deux Magots.
De Tokyo à São Paulo : quand Les Deux Magots devient une marque mondiale
À partir des années 1980, une nouvelle page s’ouvre pour la maison. La famille Mathivat, propriétaire des lieux, développe l’activité de restauration et regarde plus loin que la place Saint‑Germain‑des‑Prés. L’idée se précise : si ce café raconte une certaine idée de Paris, pourquoi ne pas l’emmener ailleurs, à condition de respecter ses codes ? Les Deux Magots deviennent peu à peu une marque identifiable, avec une façade, des couleurs, une façon de dresser les tables que l’on reconnaît.
Sous la présidence de Catherine Mathivat, cette intuition se concrétise. Un premier Deux Magots s’installe à Tokyo, dans le quartier de Shibuya, en reprenant les éléments les plus emblématiques du décor parisien : les deux statues chinoises, le vert caractéristique, les nappes blanches, une carte adaptée mais inspirée de la maison mère. Plus récemment, d’autres adresses ont vu le jour à Riyad et à São Paulo. Partout, l’enjeu reste le même : proposer un café qui ressemble à Saint‑Germain, tout en trouvant sa place dans une autre ville, une autre culture.
Cette internationalisation change le regard porté sur le café parisien. Les Deux Magots ne sont plus seulement la terrasse où l’on croise des écrivains ou des touristes, mais aussi un emblème qui circule sur les réseaux sociaux, dans les guides, dans des centres commerciaux à l’autre bout du monde. Certains y voient le risque d’une image figée, presque de décor de cinéma. D’autres y lisent au contraire une manière de faire vivre l’héritage du café en dehors de Paris, en offrant à Tokyo, Riyad ou São Paulo une version assumée de l’imaginaire Rive Gauche.
Au milieu de ces déclinaisons, le café de la place Saint‑Germain‑des‑Prés conserve un rôle de référence. C’est là que se tiennent les prix littéraires, les soirées de jazz, les réunions de famille ou de travail. C’est là aussi que se joue l’équilibre le plus délicat : rester un lieu de vie pour les Parisiens et les habitués, tout en accueillant ceux qui découvrent Les Deux Magots par une photo ou un voyage à l’étranger.
Comptoirs Les Deux Magots : retour rue de Buci
Le 1er juillet 2024, Les Deux Magots reviennent là où tout a commencé. Non plus sous la forme d’une boutique de nouveautés, mais sous celle d’un petit comptoir à manger sur le pouce, à l’angle de la rue de Buci. Le lieu s’appelle tout simplement Comptoirs Les Deux Magots. De l’extérieur, on reconnaît immédiatement la patte de la maison : le vert profond, les lettres dorées, les touches de bois et de laiton, la promesse d’une pause gourmande en plein quartier de Saint‑Germain.
La devanture du Comptoirs Les Deux Magots reprend les codes de la maison : auvent vert, typographie dorée, vitrines ouvertes sur la rue de Buci. À l’intérieur, quelques tables et un comptoir central suffisent pour accueillir les habitants du quartier, les habitués du café historique ou les promeneurs pressés venus chercher un sandwich ou un Carré Chaud à emporter.
À l’intérieur, l’espace est volontairement réduit. Une quinzaine de places assises, un comptoir central, quelques tables le long des murs, une petite terrasse lorsque la météo le permet. On n’est plus dans le grand théâtre de la place Saint‑Germain‑des‑Prés, mais dans une adresse intime, presque comme un petit café de quartier. Les codes de la maison sont là : vaisselle siglée, tonalités chaleureuses, attention portée aux détails. Sur les étagères, des livres et des produits de la boutique rappellent le lien direct avec le café historique.
La carte, elle, a été pensée pour la vie rapide du quartier. Baguettes « Création » préparées à la minute, sandwichs gourmets, Mini Carrés en pain de mie, Carrés Chauds (dont un Croque‑Monsieur Tradition qui fait écho à celui servi place Saint‑Germain), salades de saison, quelques douceurs pour accompagner un café. On peut s’installer sur place, emporter son déjeuner vers le bureau ou repartir avec un coffret de café, de chocolat chaud ou de vaisselle siglée.
Surtout, tout se joue autour du comptoir. On commande, on échange quelques mots, on observe les gestes rapides des équipes qui montent les sandwichs, enfournent les Carrés Chauds, préparent les cafés à emporter. Ce rythme, ces appuis de main sur le zinc, ces verres qui s’alignent rappellent que le comptoir reste au cœur de la sociabilité de café, même lorsque l’on parle de vente à emporter. Sur Café des Jalles, une autre page remonte justement l’histoire de cet objet devenu presque un personnage : le comptoir en zinc raconte lui aussi la vie des cafés .
En revenant rue de Buci, Les Deux Magots referment une boucle. Là où se trouvait la boutique de 1812, on trouve aujourd’hui un comptoir qui prolonge le café littéraire sous une forme plus compacte, plus nomade. Entre la grande salle de la place et ce petit local de quartier, la maison explore deux façons de vivre le café : l’une pour s’attarder, l’autre pour attraper un verre, un sandwich ou un dessert avant de reprendre sa route.
Les garçons de café, du mythe rive gauche aux plateaux du Comptoir
Qu’on soit place Saint‑Germain‑des‑Prés ou rue de Buci, la présence des serveurs, ces garçons de café qui orchestrent le va‑et‑vient des assiettes et des verres, est un repère immédiat. Aux Deux Magots, ils font partie intégrante du décor : plateau en main, gilet impeccablement ajusté, ils se faufilent entre les tables, prennent commande d’un signe de tête, posent soucoupe et tasse avec une précision presque chorégraphiée.
Au Comptoirs Les Deux Magots, le même métier s’exerce à un autre tempo, plus direct, plus proche du comptoir. Les échanges sont courts mais souvent souriants : un conseil sur la baguette à choisir, une précision sur un Carré Chaud, un café servi à emporter en quelques secondes. Les plateaux sont plus légers, les trajets plus courts, mais la précision du geste reste la même, comme si la maison tenait à ce que l’on reconnaisse, là aussi, la patte des garçons de café.
Derrière ces gestes, il y a tout un imaginaire parisien nourri de photos, de films et même de compétitions. Longtemps, les courses de garçons de café ont mis à l’épreuve ce savoir‑faire : plateau en main, il fallait courir sans rien renverser, sourire au public, arriver en un seul morceau. Pour qui veut comprendre ce que cette figure représente dans l’histoire des cafés, une autre page de Café des Jalles remonte ce fil, de la légende à ce qu’il en reste aujourd’hui : la course des garçons de café en dit long sur le métier .
Aux Deux Magots comme au Comptoirs, ces silhouettes de serveurs sont finalement le lien le plus vivant entre les différentes époques de la maison. Elles incarnent cette continuité du service, cette façon de tenir un plateau ou de lancer un bonjour qui fait qu’on se sent, d’un café à l’autre, dans la même histoire.
Quelques repères pratiques pour préparer sa visite
Les Deux Magots se trouvent au 6, place Saint‑Germain‑des‑Prés, dans le 6e arrondissement de Paris. La terrasse donne directement sur l’église Saint‑Germain‑des‑Prés et sur le croisement des boulevards. On y arrive facilement en métro, en descendant à Saint‑Germain‑des‑Prés ou Mabillon, puis en suivant le flux des passants vers la place. Le café est ouvert toute la journée, avec un service qui enchaîne petit‑déjeuner, déjeuner, après‑midi et début de soirée.
Pour profiter pleinement du lieu, mieux vaut choisir son moment. En matinée, la terrasse est plus calme, idéale pour un café crème, un chocolat chaud ou un petit‑déjeuner en regardant la place s’animer. Vers midi et en début d’après‑midi, l’affluence augmente nettement : les tables se remplissent de déjeuners, de rendez‑vous professionnels, de visiteurs venus tester une adresse mythique. En fin d’après‑midi, l’ambiance se fait plus douce, entre goûter tardif et apéritif léger.
Comptoirs Les Deux Magots se situe quelques rues plus loin, au 2, rue de Buci. Le lieu convient bien aux pauses rapides : un sandwich, un Carré Chaud, un café à emporter, une petite table en intérieur ou en terrasse quand la météo est clémente. On peut y passer avant ou après un arrêt à la place Saint‑Germain, ou simplement y faire une halte lors d’une promenade dans le quartier. Les prix y restent généralement plus accessibles que dans le grand café historique, ce qui en fait une porte d’entrée intéressante dans l’univers de la maison.
Même si les Deux Magots attirent de nombreux visiteurs de passage, le café garde une fonction de repère pour les habitants du quartier. Certains viennent toujours aux mêmes heures, s’assoient à la même table, commandent le même café ou le même dessert. D’autres préfèrent la rue de Buci et son comptoir plus compact. Entre la grande salle qui regarde la place et le petit comptoir qui fait face à la rue, chacun peut trouver sa façon de goûter un peu de ce que signifie, aujourd’hui, « aller aux Deux Magots ».
